Avec ses 710 m² d’écran led articulés, le plus petit immeuble de l’Avenue de France est l’un des plus impressionnants supports d’art numérique au monde. La «guinguette», conviviale et franchouillarde, fait une entrée fracassante dans un 21ème siècle mondialisé.

La ville de Paris tient ici l’occasion de promouvoir les arts numériques comme cela ne s’est jamais fait avant sur l’espace public.

L’échelle du bâtiment est la bonne, son implantation est idéale. La partie supérieure du bâtiment sera entièrement couverte de leds, si bien que les interventions pourront avoir lieu simultanément sur les quatre faces ouvrant un incroyable champ de possibilités.

Ce bâtiment média, est un projet artistique en lui même, un musée du numérique. Sa programmation artistique rigoureuse pourra être confiée au Point Ephémère, à la Gaité Lyrique ou autre et probablement partagée en tranches horaires avec des intervenants situés aux quatre coins du monde.

L’écran couvrant le terminal des bus de New York, présenté comme le plus grand du monde, mesure 600 m², celui de l’Avenue de France en fait 710.

Cette échelle est rendue accessible grâce à des produits de plus en plus fiables et abordables. Le principe évoqué avec le fournisseur JPB Audiovisuel est l’assemblage en série de modules standards ou bien de grillages de leds commandés par ordinateur.

Les prix dépendent du pitch (l’entraxe des leds) qui pourrait être grand, de l’ordre de 50mm, pour cette échelle d’écran. Le budget qui avoisine les 700 000 euros est tout relatif si on le compare à la cote d’un Van Gogh, au coût du musée permettant de le présenter au public

Un bâtiment doté du pouvoir de changer de façade à chaque instant n’a aucun besoin de clignoter. Il peut au contraire évoluer doucement d’une apparence à une autre au fil des heures. Les «évènements» plus directement narratifs sont réservés à certains créneaux, ils rythment la journée aussi sûrement que le clocher du village.

Un bâtiment de trois étages qui se balance au vent, se déhanche et sursaute.

Il est manipulé, comme une marionnette. Cela ne s’est jamais vu (?) et pourtant même, indépendamment de toute façade média, ce serait un jouet magnifique qui aurait sa place dans toute capitale digne de ce nom!

Une boite de 20 mètres de long 10 de haut, 10 de coté, elle est dotée de mouvement et ses faces sont des écrans. Les écrans réagissent au mouvement comme le feraient des tablettes graphiques.

La combinaison de l’image virtuelle et du mouvement physique font de cet objet un support inédit.

Le bâtiment statique le plus souvent, s’anime parfois (à heures fixes?) et raconte alors des histoires de tempêtes dans un (grand) verre d’eau, de boules à neige, de pimp cars hydrauliques et tant d’autres…

Les 6DOF, (pour Six Degrees Of Freedom) sont des plateformes à commandes numériques généralement utilisées pour des simulateurs de vol ou de séismes.

Ce système est proposé par Monsieur Reverchon constructeur des manèges éponymes depuis plus de 40 ans qui a pris à coeur ce sujet peu commun. Le principe est d’associer 4 plateformes synchronisées afin de supporter le poids de 10 à 15 tonnes (leds comprises) du parallélépipède dont la structure tridimensionnelle est légère et assez rigide pour supporter la prise au vent, importante de part les dimensions des rideaux de leds ajourés.

Les platines mobiles coûtent 6 à 10 000 euros pièce, elles sont disposées en toiture, leur amplitude de mouvement est de 80 cm, mouvement augmenté en partie inférieure dès que le volume n’est plus horizontal.

“Tard dans la nuit les écrans sont éteints mais le chat veille dans «la boite». Sa veille est d’un genre somnolant, ses oreilles bougent s’il y a du bruit, il détecte les mouvements et réagit à certains stimulis. Parfois il se lève, fait un tour dans la boite et se recouche. Lorsqu’il se déplace son imposante masse fait pencher la plateforme.”

L’histoire du chat dans la boite est un exemple parmi tant d’autres. Derrière un graphisme ‘analogique’ ce chat qui interagit avec les passants participe au développement de technologies type LEAP motion dont il faut avouer qu’elles dépassent l’entendement des architectes et permettent pour conclure de revenir sur un point essentiel : l’architecture qui transparait est particulièrement soignée mais le véritable projet sera remis aux mains des artistes

Avec l’ouverture de ce musée du numérique à ciel ouvert tout est possible, y compris le meilleur, y compris le partage. La simplicité technique de la programmation permet d’intégrer une très grande diversité de contenu. Les acteurs potentiels du projet sont nombreux, ce sont des institutions, des partenaires privés porteurs de projets artistiques. L’énergie, le talent portée par chacun sont essentiels à l’enrichissement du projet, à son renouvellement, à son succès populaire….

Maitrise d’oeuvre : WRA | Artofact, Structure bois | ABSCIA, BE TCE et économie. | Akoustik

Maîtrise d’ouvrage : SEMAPA

Site : Paris 13ème (Avenue de France)

Programme : café culturel, restaurant, concerts, bureaux

SDP : 400m²

Coût estimé des travaux : 1.1 M€ (HT)

Mission : procédure restreinte 2013