Etude sur l’ilot de chaleur urbain

EDF bas carbone 2014 « réinventer la ville ».
reconversion du garage Neubauer de la rue Lamarck à Paris
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Maitrise d’œuvre : WRA, architecture, urbanisme, économie| TRIBU | Pouget Consultants

Maîtrise d’ouvrage : Privée

Site : Garage Neubauer, rue Lamarck, Paris 20ème

Programme : Reconversion en 85 logements (sociaux et accession libre), locaux d’activité et local commercial (supermarché), parkings souterrains.

SDP : 8 500m²

Coût estimé des travaux : 10 700 000 € (HT)

Mission : Faisabilité, puis APS dans le cadre du concours EDF Bas Carbone 2014.

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Les tractations autour du garage Neubauer de la rue Lamarck ont repris depuis le rendu EDF bas carbone. Il n’est plus certain que les commanditaires de WRA porterons le projet. L’étude est là cependant qui avec : ) ou sans : ( les Wild Rabbits devrait influencer l’évolution de ce morceau de ville.

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Le projet en lui même est très bien décrit dans le livre publié par EDF. Cependant, l’équipe a avant tout considéré la dotation du concours bas carbone comme une bourse d’étude permettant de développer des connaissances et de mettre en lumière deux thèmes précis :

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Ilot de chaleur urbain : quels enjeux, comment agir?

Patrimoine industriel : réutiliser ou reconstruire?

 

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Pourquoi et comment agir contre l’Ilot de Chaleur Urbain ?

Alain Bornarel a donné le thème : « à cette échelle tu peux déja agir, et ce concours donne l’occasion d’en parler! »

ICU, WTF!? L’Ilot de Chaleur Urbain c’est quand il fait plus chaud en ville que dans les campagnes environnantes. Ce n’est pas seulement de l’inconfort, c’est aussi un sujet de santé publique : En période de canicule, les courbes de mortalité augmentent de manière exponentielle en fonction des températures, les quelques degrés liés à l’ICU peuvent faire la différence.  Ce sujet va devenir prépondérant avec le réchauffement climatique et la multiplication des épisodes caniculaires.

En deux mots et surtout en été : limiter la production de chaleur en ville / limiter les stockage de la chaleur issue des rayonnements solaires / utiliser le vent pour rafraichir pendant la nuit.

La synthèse menée avec Blandine Mathieu de Tribu montre les causes de ce phénomène et le panel des possibilités d’action. Ces actions extrêmement diverses, sont classée en fonction du niveau de décision qu’elles concernent : de la gouvernance territoriale (développement des alignements d’arbres) aux petits gestes du quotidien (couper son moteur au feu rouge) en passant par les sujets propres au bâtiment : éviter la climatisation, créer des logements traversants avec protections solaires etc…

L’échelle d’action est l’un des paramètres essentiels de ce classement puisque sont concernés à la fois une multitudes de lieux inconfortables et une agglomération entière. L’action sur un site comme celui de la rue Lamarck améliorera le confort des riverains mais ne rayonnera pas au delà de ce que les vents sauront porter.

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A ce dispositif directement appréciable par l’habitant (qui en supporte le coût éventuel) s’ajoute une série de mesure que l’on pourrait qualifier d’utilité publique souvent liées à l’effet de dôme : végétalisation des toitures, prise en compte des vents dans l’aménagement, règlement visant à maitriser l’effet de canyon urbain etc…

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Parmi ces mesures, la généralisation des dispositifs d’arrosage des espaces publiques semble être la proposition la plus porteuse. L’idée est simple : arroser la chaussée permet de diminuer la température ambiante et augmente l’hygrométrie de manière significative. La question porte sur la source d’eau à utiliser :  développement du réseau d’eau de canal parisien ou mise en place de citernes de récupération sur les immeubles neufs? Cette solution a été développée avec Pouget : l’eau grise est filtrée une première fois par un récupérateur de chaleur et une seconde fois dans le but de la rendre propre à l’arrosage de plantes et de l’espace publique : l’eau grise produite par les habitants d’une ville si dense permet largement de cultiver une végétation foisonnante (utile seulement si elle n’est pas en état de choc hydrique) et d’arroser la chaussée en cas de canicule.

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Les trois axes d’action développés dans cette étude de cas sont : l’évapotranspiration par une présence végétale accrue et bien hydratée, la rupture de l’effet de canyon par le traitement des façades (en utilisant les simulations d’ensoleillement sur le modèle numérique), la valorisation du balayage nocturne par les vents d’été. La soufflerie proposée par Vasari (au rendu un peu abstrait) couplée à sa rose des vents géolocalisée et dynamique (très utile) a permis de valider l’emplacement de la faille à produire dans le bâti pour favoriser le passage du vent.

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Enfin, les principes bioclimatiques de base ont un effet direct sur le ressenti de l’ICU dans les logements : les protections solaires, la ventilation nocturne, l’efficacité d’une enveloppe que l’on garde fermée durant la journée améliorent le confort des logements. En parallèle, la VMC double flux filtre l’air entrant des logements ce qui permet de réduire l’impact du pic de pollution qui accompagne souvent les fortes températures.

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Réutiliser ou reconstruire : des outils d’aide à la décision.

L’argumentaire s’adresse à un maitre d’ouvrage « pragmatique ».  Les progrès environnementaux sont traduits en termes économiques.

Contre la réutilisation :

  • Les très grandes hauteur sous plafond réduisent les surfaces exploitables dans un volume constructif contraint.
  • Les produits sont standards en terme de surface et de distribution.

Pour la réutilisation :

  • La structure existante permet une réutilisation efficace.
  • Obtention plus rapide du PC grâce au soutien supposé des politiques aux arguments environnementaux (bilan carbone etc…).
  • Moins de risques de recours contre le PC car moins de nuisances pour les voisins.
  • Chantier plus rapide et moins couteux en restructuration qu’en démolition reconstruction.
  • Aléas réduits en terme de construction : sous sol (poche de gypse antéludiens sur cette zone, et éventuelle pollution) et d’avoisinants (maintien des mitoyens, référés etc…).

Du point de vue financier, trois paramètres variables selon les sites sont identifiés : la surface « perdue », le coût de travaux , et la valeur du foncier. Un foncier élevé joue en faveur d’une démolition.

Du point de vue opérationnel, le rôle joué par les politiques et les riverains est très variable d’un contexte à l’autre. A Paris 18ème, ce paramètre a été décisif.

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Les panneaux de concours sont téléchargeables ici :

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